Faire son sirop, pour quoi faire? C’est vrai, on en trouve de tout prêts dans le commerce et si on y met le prix, ils sont plutôt pas mal… Mais un sirop, c’est aussi une forme thérapeutique quand on y pense, la plus facile à faire accepter aux enfants d’ailleurs, merci le sucre. 

L’intérêt du sirop comme forme thérapeutique

Le principe du sirop-maison, de n’importe quel sirop, c’est de réaliser une infusion dans laquelle on vient ajouter une quantité égale de sucre. On ne peut pas conserver une infusion, ça se boit tout de suite, ou au mieux, on met dans un Thermos pour la journée, tandis qu’un sirop, lui va pouvoir se conserver plusieurs mois au frais (au frigo dans la caraïbe). 

Je reviens à ceux du commerce: le classique sirop de menthe, regardez bien la composition, le plus souvent, on vous vend de l’eau sucrée avec un arôme et un peu de colorant. Aucune trace de menthe, du vent! Alors qu’en faisant vos sirops, vous avez les sucs de la plante, et surtout vous choisissez un bon sucre roux de qualité… et ça reviendra moins cher!

La bouteille de sirop de groseille, 6€
Le sachet de groseilles fraîches 3€ chez Le Jardin de la Santé (Sainte-Anne, Martinique). Et avec un sachet d’une trentaine, on fait deux bouteilles et ce n’est pas pour le prix du sucre, on s’y retrouve!

En plus il n’y a aucun risque à se louper, c’est une des préparations les plus simples en phytothérapie. On pourra même ajouter ses épices préférées, histoire d’apporter un peu de peps et d’originalité!

Donc avantages:

  • Le coût
  • La qualité du produit
  • La conservation (/ infusion)
  • Bien accepté par les enfants (si les parents leur en laissent, pas gagné
  • Forme médicinale! (Mais pas pour les diabétiques)
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Pour les propriétés et plus d’infos sur la plante, je vous renvoie à cet ancien article où je vous dit tout sur la vitamine C et les propriétés antioxydants, mais attention, il va de soit que l’infusion sans sucre vaut mieux que le sirop, qui reste un petit plaisir gourmand: https://la-sorciere-et-le-medecin.com/groseille-pays-ou-hibiscus-bissap-karkade-cadeau-de-noel-de-la-nature/

Recette du sirop de gwosey (ou hibiscus sabdariffa)

Pour cette recette, j’ai fait confiance à l’excellent blog de Tatie Maryse, dont j’ai adopté la recette qui est celle que l’on trouve communément, à ceci prêt qu’elle n’utilise que le zeste du citron et ajoute de la muscade-celle là je n’aurais pas osé, d’ailleurs j’ai eu la main trop légère car finalement ça se marie très bien, je serai un peu moins timide la prochaine fois. Le résultat est grandiose!

bissap-groseille-pays-sirop

Mes ingrédients:

  • 15 calices
  • 550ml d’eau
  • 450g de sucre de canne le Gallion
  • 1 zeste de citron vert
  • Vanille en poudre de Madagascar (2 pincées)
  • Cannelle en poudre (2 pincées)
  • Noix de muscade râpée (1 pincée, j’aurais mieux fait d’en mettre deux comme indiqué)

Préparation du sirop de groseille pays, step by step

Pour préparer le sirop, il faut anticiper dès la fin août et planter vos hibiscus sabdariffa au jardin (ah oui, j’ai dit qu’on y allait étape par étape, donc on part de loin, du champs à l’assiette hehe). Pour ma part j’ai acheté mes plants début septembre et ils ont donné en un mois à peu près… par contre, j’ai mis un pot (eh oui, j’ai pas de jardin) côté est, très ensoleillé et l’autre côté ouest, soleil du soir. Il est évident que c’est la deuxième option qui a eu sa préférence, malgré un arrosage attentif, il n’a pas aimé les coups de soleil. Ma récolte va me permettre d’en sécher un peu pour des infusions plus tard, mais je n’avais pas suffisamment de calices pour faire le sirop, qui a besoin pour obtenir 70cl d’une quinzaine de fleurs, car l’idée est d’avoir une infusion très concentrée, bien forte en goût. L’infusion qu’on préparer doit être corsée, bien plus que si on la préparait pour la boire: n’oubliez pas qu’on va y ajouter autant de sucre! 

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1- on décortique

La première étape, ça va être de séparer les sépales rouge sombre du centre, l’appareil reproducteur, l’ovaire fécondé de la fleur (c’est là qu’on récupère les graines pour plus tard!). Attention les doigts, ça va colorer, mais promis le rouge part au lavage. J’en ai dépouillé une quinzaine.

gwosey-peyi

Ensuite, pour ma part je ne rince pas, j’estime que le fait d’ébouillanter et de filtrer ensuite est suffisant, surtout quand acheté auprès d’un producteur bio. 

2- L’infusion

On met donc notre petite nature morte dans la casserole, avec l’eau froide (550ml) et l’on va porter à ébullition (en fait si on est puriste, c’est plus une décoction qu’une infusion). Une fois l’eau arrivée à frémissement, on coupe et on laisse infuser au MINIMUM 10-15 minutes. Plus on va laisser, plus ça aura de goût. ATTENTION: gardez un couvercle dessus pour conserver un maximum d’arômes. Pendant ce temps là, on prépare notre zeste de citron et on choisit nos épices. Je n’ai plus que 450g de sucre (erreur fatale, manque de prévoyance, j’aurais pu monter à 500g avec 600ml d’eau, mais tant pis on s’adapte et au final, ça rentrera tout juste dans ma bouteille de 70cl, alors tout est bien qui finit bien).

3- Ajout du sucre et des épices

Une fois qu’on estime l’infusion prête (on a le droit de goûter mais stooooooop ne buvez pas tout, on n’aura pas de sirop sinon), on filtre, on remet dans la casserole notre beau liquide couleur grenat, sur le feu, et on met tout le sucre, le zeste de citron, les épices. On va mélanger jusqu’à ce que tout le sucre soit dissous. Je mets à feu moyen, l’idée c’est que ça ne parte pas à ébulition. Mon astuce perso, c’est que dès qu’il y a cette sorte de mousse qui commence à se former au-dessus, c’est qu’on y est presque, 5 min à frémissement, la consistance se fait plus sirupeuse, et il est temps de sortir du feu. 

4- Embouteillage et dégustation

Une fois que c’est refroidi, on peut embouteiller (n’oubliez pas d’enlever le zeste qui flotte avant), soit avec le calme et la précision d’un lanceur de couteau slave, soit en balançant le tout via un entonnoir, solution à adopter quand on a deux mains gauches. Ne me remerciez pas, c’est cadeau. Avant de verser dans la bouteille en verre, je l’ébouillante quelques minutes avant, je la vide juste au moment de la remplir, ça permet d’éviter la contamination bactérienne, ce serait dommage après tout ce travail que ce soit les bactéries qui sirotent la boisson et pas vous!

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Quand le sirop n’est pas encore refroidi, vous pouvez le consommer (ou le petit fond qui reste toujours dans la casserole), c’est amusant, car à ce moment là, il a une belle couleur violette, mais après il est bien rouge.

D’autres idées de sirop au jardin

Bien sûr, c’est le même principe pour tous les sirops! Pensez-y si vous avez des plantes aromatiques au jardin dont vous ne savez pas quoi faire, ça peut faire de super boissons, et on peut bien sûr préparer l’infusion de départ avec des plantes sèches achetées en herboristerie ou boutique bio, rien n’oblige à utiliser du frais. 

Autre idée, j’avais par exemple fait du sirop de gros thym à une époque où ça envahissait le jardin, et franchement c’était délicieux. Pour ceux qui se disent que je suis bien gentille avec mes histoires de boissons fraîches, mais qu’actuellement dans l’hémisphère nord il fait 12°C, sachez que c’est la bonne saison pour confectionner du sirop de guimauve: anti-inflammatoire, excellent pour la toux… ou un sirop de radis noir. A consommer sans eau pour faire du bien à la gorge (penser à trouver un prétexte et à jouer les malades imaginaires en toute bonne conscience: ce serait dommage de faire ce sirop et de ne pas pouvoir en profiter faute d’être vraiment malade!). J’ai des idées pour tous 😉

En vidéo et en musique!

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Cécile Mahé
Cécile Mahé

Passionnée par les plantes du monde entier et leurs petits secrets, je partage sur mon blog au gré de mes envies, rencontres, découvertes

    2 replies to "Sirop de groseille pays"

    • Pascale de Guadeloupe
      Miam miam…..mais que c’est bon le sirop de groseille pays…..ca y est, j’ai acheter mon premier sachet et je vais, comme chaque année, faire mon sirop…..Un yaourt de brebis (le vrai) ou un nature avec un petit filet de sirop de groseille, c’est du pur bonheur…
      • Cécile Mahé
        Roooh génial cette idée, je n’avais pas pensé dans un yaourt de brebis ça doit être bien bien sympa, merci pour cette bonne idée!

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