Mes lampes en calebasse- petit tuto maison pour fabriquer, graver, sécher, peindre…

Lampe en calebasse, réalisation Cécile M./ Louzoutraveller

Quand j’ai vu pour la première fois une calebasse travaillée en lampe, j’ai immédiatement voulu la même. Cette forme ronde, énorme comme un ventre fécond ? Les éclaboussures de lumière qui se projettent sur les murs comme un feu d’artifice ? Le travail d’artiste sur les motifs ? Ou l’infini possibilité de création qu’offre ces fruits ? Je crois que c’est un peu de tout ça qui m’a amenée à me poser mille questions, de comment et quand on la cueille, avec quoi on la taille, comment est-ce qu’on la sèche ou l’inverse, justement, c’était bien la question. Et la peinture, qu’est-ce qu’on utilise ? Et le vernis ? Bref, à force de recherches sur Internet, d’appels à un ami et surtout de pratique en mode essai-erreur, j’ai décidé de proposer un petit « tuto » pour que toi aussi lecteur tu puisse réaliser la lampe de tes rêves.

Se procurer une calebasse

Calebasse-verteBen oui, c’est tout bête, mais ça commence par là. Ami lecteur, si tu ne vis pas dans un pays chaud, la suite des opérations risque d’être compromise… En effet, la calebasse et son arbre le calebassier sont originaires d’Amérique du Sud. On la trouve donc dans les Caraïbes et notamment aux Antilles (Guadeloupe, Martinique…).

Si tu franchis cette première étape, tu dois te demander…

Où on peut trouver une calebasse ?

Eh bien, dans les jardins. Connaître quelqu’un, demander ou planter pour un futur plus ou moins lointain sont une bonne idée pour commencer.

Quand faut-il la cueillir ?

Quand… la taille te plaît. C’est un premier critère mais pas le seul car plus elle est jeune, plus elle est molle, et plus il sera difficile de l’évider sans la percer et de la faire sécher correctement. Le bruit est un bon indicateur : bruit clair, mat quand on « toc » dessus avec le doigt. Cela signifie qu’elle a eu le temps de « faire du bois ». Deuxième indice, le pédoncule commence à noircir quand la calebasse est prête à tomber.

Comment on la cueille?

Elle est à portée de main ? Bingo ! Il suffit de la faire tourner sur elle-même jusqu’à ce qu’elle se détache (attention, ne sous-estimez pas son poids !).

Celle qui vous fait de l’œil se cache à plus de 3 mètres de haut ? Yes you can ! Il faut simplement s’équiper- à moins que vous ne soyez tous, chers lecteurs, d’excellents grimpeurs ou des chats de gouttière (j’ai de fortes parts de marchés sur le segment du lectorat félin). Ma solution « maison », peu coûteuse, demande les ingrédients suivants :

  • un minimum d’adresse (Pierre(s) Richard en tout genre, s’abstenir
  • un coéquipier qui a toute votre confiance
  • deux perches, de la ficelle, un grand sac de course.

La première personne fait passer à l’aide d’une perche la ficelle nouée autour de la calebasse. La deuxième personne, à l’aide de la deuxième perche à laquelle aura été fixé le sac de course passe celui-ci autour de la calebasse (pour la récupérer avant qu’elle ne s’écrase par terre dans un gros splash navrant). La première personne tire alors sur la ficelle jusqu’à ce que la tige de la calebasse cède et que celle-ci tombe dans le sac (vigoureusement soutenu par la deuxième personne).

Il n’y a plus qu’à récupérer les courses !

Que faire avec la calebasse encore verte ?

Vous avez votre précieuse calebasse. Vous avez deux possibilités qui s’offrent à vous. Soit vous réaliser les motifs directement sur la calebasse encore verte et tendre, soit vous passez à l’étape suivante et vous réaliserez les motifs en ponçant la calebasse sèche et dure.

Je préconise la première solution.

Attention, si vous réalisez les motifs, ne videz surtout pas la calebasse avant d’avoir terminé. Car tant qu’elle est intacte, la peau reste molle et facile à travailler. Dès qu’on enlève la pulpe (dans les 20 minutes pour donner une petite idée du timing), elle sèche et durcit. Une fois cueillie, vous n’êtes pas obligé de vous précipiter. La calebasse va rester intacte quelques semaines (3 à 4 selon la température, l’humidité, le soleil…).

La graver

Vous pouvez tracer vos dessins au feutre et les repasser au cutter. Ensuite, pour évider les motifs, personnellement j’utilise- avec prudence- un scalpel, acheté 1€50 en pharmacie. Plus souple et plus précis qu’un couteau.

Bien sûr, si vous êtes équipé, vous pouvez également utiliser une dremmel. On peut également réaliser des lignes en utilisant une scie à main.

Faire sécher la calebasse

1. La couper

Ca y est vos motifs sont terminés- ou alors vous faites peu de cas de mes conseils et vous avez décidé de les faire après le séchage, c’est votre droit. Pour pouvoir passer à la suite (évidage et séchage), il va falloir entamer la calebasse de manière à avoir un orifice suffisant pour y passer votre main dans l’étape suivante. Rassurez-vous, pas de sous entendu, on est entre gens de bonnes mœurs.

Si vous êtes équipé, vous pouvez y aller à la scie électrique, enfin, je suppose car ce n’est pas mon cas. Sinon, je vous donne mon astuce : tracer la ligne de découpe avec le cutter, bien insister sur le trait. Puis faire un trou avec la pointe d’un couteau bien robuste. Passer la lame et découper en suivant le trait.

2. La vider

Il faut maintenant enlever la pulpe blanche et visqueuse à l’aide d’une cuillère à soupe en métal. Il paraît que la pulpe est toxique et qu’il est préférable de mettre des gants. Avec la cuillère gratter tout ce qui se trouve à l’intérieur. Allez-y de bon cœur, il ne doit rester que l’écorce dure : enlever les graines et la pulpe, enlever la petite peau fine qui colle à la paroi, enlever les nervures aussi si vous pouvez. Grattez, grattez, grattez ! Ca doit faire « scritch, scritch » quand vous arrivez à l’écorce bien dure.

Autres possibilités :

Une astuce trouvée sur le web, faire seulement un petit trou dans la calebasse et y injecter de l’eau chaude pour ramollir la pulpe. Insérer ensuite un bâton et « broyer » la chaire et la faire s’écouler avec l’eau chaude. Pour finir insérer du sable et de l’eau pour nettoyer et polir l’intérieur.

Autre technique testée avec succès : laisser faire la nature. Laisser la calebasse dans l’herbe, ouverte, face contre terre et attendre que l’intérieur se décompose. La forme qu’elle prendra sera variable ainsi que sa couleur. Et… vous aurez peut-être la surprise en retournant la calebasse de trouver des petites pousses qui auront germé à partir des graines.

3. La tremper

calebasse-javelMettez votre ouvrage à tremper une heure ou deux dans de l’eau de javel diluée à 1/3 pour blanchir et éviter le développement des champignons (important si vous réservez à votre calebasse un futur usage alimentaire, vous n’êtes pas forcé de faire une lampe, je vous jure, je ne vous en voudrais pas).

 

 

 

4. La sécher

calebasse-sechage

Laisser faire le temps dans un endroit sec et aéré. Au bout de deux à trois semaines elle sera devenue bien brune et pourra être travaillée.

Astuce : si vous voulez un bois clair après le séchage, vous pouvez d’une part prolonger le temps dans la javel et d’autre part la faire sécher en plein soleil.

 

Que faire avec la calebasse sèche ?

A cette étape, au vu de l’épaisseur et de la dureté du matériau (c’est du bois), malheureusement, pas d’astuces à la Mac Gyver. Il faut être équipé d’un minimum de matériel type perceuse, dremmel, pyrograveur ou autre à votre convenance. Place à l’imagination !

La graver

Avec un embout type poinçon pour graver du texte par exemple.

La trouer

Les trous de différentes taille pourront laisser passer la lumière si vous choisissez d’en faire une lampe et projetteront le motif choisi sur le mur.

L’ajourer

Si vous n’êtes pas équipé, vous pouvez percer pleins de petits trous sur le contour du dessin et les faire se rejoindre.

La poncer

A l’intérieur pour éliminer les éventuelles tâches de moisissures. A l’extérieur pour que la peinture tienne.

La peindre

Avec des teintures bois naturelles (brou de noix) ou avec de la peinture à l’eau, le champ est ouvert.

La vernir

C’est recommandé, c’est un matériau vivant et on n’est pas à l’abri des champignons… le vernis évite ça. Pour ma part j’utilise celui qu’on trouve en magasin de bricolage pour le décopatch, un vernis assez épais, facile à étaler et qui ne fait pas de trace de pinceau.

Et après ? Comment ça devient une lampe ?

Le pied

D’abord, il vous faut le pied. Place à l’imagination : récup, bout de bois, pied d’une vieille lampe…

Le mécanisme

Le tout est d’acheter le mécanisme qui comprend 4 parties (à acheter séparément pour faire des économies, les branchements ne sont vraiment pas compliqués à faire) : la douille, du métrage de fil, un interrupteur et une prise.

L’ampoule

Le plus compliqué est le choix de l’ampoule avec toutes ces nouvelles ampoules à économies d’énergie : trop faible puissance et voilée, elle ne va rien projeter de vos motifs sur les murs ; trop forte puissance, en halogène, elle va chauffer le bois et déformer votre œuvre. Il s’agit donc d’opter pour un juste milieu. Pour ma part je préconiserais l’halogène (moins économique mais projette mieux), mais à une puissance raisonnable (équivalente aux anciennes 60W). Le mieux, soyons francs, ce sont les vieilles ampoules à incandescence si vous en avez dans un tiroir. Ce sont-elles qui donneront le meilleur résultat.

Voilà, je ne résiste pas à l’envie de vous montrer quelques unes de mes créations, n’hésitez pas à me laisser un petit commentaire si vous trouvez ça sympa ou pour compléter le tuto avec votre expérience.

Envie d’en savoir plus sur la calebasse (usage médicinal, symbolique, le kwi des indiens caraïbes)? Allez voir par ici: http://la-sorciere-et-le-medecin.com/coui-kwi-la-demi-calebasse-des-antilles/

La première, Joséphine, avec deux lézards qui utilisent deux techniques différentes: les petits trous pour le noir et l’ajourage pour le rouge. Elle a été travaillée après séchage et est peinte et vernie:

Josephine

La deuxième, Dévi est entièrement recouverte de motifs géométriques travaillés alors qu’elle était encore verte. Ils sont remplis avec des petits trous pour un effet dentelle (les projections sont moins impressionannte avec cette technique). Elle est montée en lampadaire, sur un pied recouvert de ficelle brute. Elle n’est pas peinte, ce sont les couleurs naturelles du bois qui sont mises en valeur avec le vernis:

devi

La troisième, Omega, a été travaillée verte pour les rainures qui la recouvrent (la régularité est due à l’utilisation de scotch repositionnable pour tracer les lignes). Une fois sèche, les lotus ont été dessinés et le signe Omega au-dessus a été ajouré. Un texte bouddhique a été gravé en suivant la spirale et recouvre l’ensemble de la calebasse. Une fois encore, elle n’est pas peinte mais uniquement vernie pour mettre en valeur la beauté des tons naturels.

omega

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24 comments

  • Bonjour, j »aimerais savoir si l’on peut mouler la calebasse pendant qu’elle est toujours dans l’arbre afin qu’elle puisse avoir une autre forme comme un rectangle par exemple.
    • oh mais quelle cruauté pour cette pauvre calebasse!!! 🙂
      Ceci dit, je pense que c’est tout à fait jouable, car quand elle poussent contre le tronc, elles en épousent la forme, donc j’imagine que c’est tout à fait possible. Je serai curieuse de savoir ce que ça donne si vous avez tenté l’expérience!
  • Bravo champion merci de partarger ta creativite! Je vais me lancer!
  • Merci beaucoup pour ces explications précieuses.
  • Bonjour, super site et trés bon conseils pour la réalisation de déco en calebase , je réalise moi même des lampes depuis quelques années et j’aimerais avoir votre avis sur un point.
    Je voudrais faire des bols dans lesquels on pourrai manger et je voudrais trouver le meilleur moyen de les rendre utilisable à cet effet sans qu’elle soient toxiques et imperméables. Pouvez vous me conseiller?
    • La technique à la javel permet ça, mais si vous parlez d’ajouter un revêtement, j’avoue que je n’en ai aucune idée. Spontanément, j’irai vers les matériaux utilisés en céramique, mais le problème c’est qu’il faut les passer au four, et ça avec notre calebasse en bois, c’est impensable.
  • Bonjour,

    Je viens de terminer de vernir ma lampe calebasse que j’avais ajouré avec pleins de petits trous mais voilà qu’avec le vernis certains trous (beaucoup) ont été bouchés conclusion je dois repasser sur les trous !

    Auriez-vous une astuce pour ne pas faire 2 fois les trous ?

    Merci par avance pour votre aide.

    • Bonjour Sermet, ça peut paraître bête mais… changer de vernis tout simplement, car je n’ai jamais eu le problème. Il faut dire que je l’étire beaucoup au pinceau. Avez-vous utilisé le vernis dont je parle, celui utilisé pour le décopatch?
  • trop bien
    je viens de faire mon premier saladier ; dès la prochaine calebasse, je m’essaye à la sculpture.
    Tuto super
    merci
  • Superbe réalisations ! et grand merci pour le partage de ce tuto en français 🙂
    je vais me lancer…
  • Bonjour,
    et merci pour ce tuto qui est super !
    j’ai enfin fini ma calebasse! enfin presque il me reste le ponçage. Et je suis embêtée car elle a une jolie couleur marron foncée avec des reflets cuivrés que j’aimerais garder mais elle a beaucoup de « défauts » ce pourquoi j’aimerais la poncer…
    Comment faites vous pour le ponçage ? vais-je perdre toute la couleur naturelle de la calebasse ?
    Merci.
    • Bonjour, merci pour votre enthousiasme! Je ne ponce l’extérieur que où je la peint, sinon je laisse la couleur naturelle car le vernis que j’utilise accroche bien même sur des surfaces non poncées. Donc si vous voulez garder la couleur, ne poncez pas!! Qu’appelez-vous des défauts? Est-ce si grave? C’est sa forme naturelle, c’est un produit vivant… Après, le fait de poncer va la ternir dans un premier temps, tout dépend du degré de ponçage, car si vous poncez vraiment beaucoup, elle va devenir beige clair, comme l’intérieur et unie…
      Pour poncer les grandes surfaces, j’utilise du papier à poncer avec du gros grain acheté en magasin de bricolage. Pour les motifs plus délicats, j’utilise les rondelles de la dremmel. Revenez nous dire comment ça a marché au niveau couleur, cette page est très consultée, et ça aidera les suivants.
  • Merci pour les explications! Je ne omprends pas comment mettre l ampoule – comme pour la deuxieme Dévi: elle est completement fermée?? Comment faire? Pour moi… mistére ….
    • Bonjour Martita, non non, elle n’est pas complètement fermée, il y a un trou qui est juste à la taille du culot, pour passe le mécanisme. La première photo de Dévi a été prise avant qu’elle soit totalement terminée et percée à la dremmel.

      En réalité, le trou a été fait à l’endroit où on voit le reste de la tige. Pareil que pour les autres: n’hésitez pas à partager les photos de vos créations, je serai ravie de les mettre en ligne! Bonne création

  • C ‘est bien expliqué avec humour et amour…je suis en Guadeloupe pour 2 mois et je vais m’y mettre ..merci pour ces explications et bravo pour votre travail..
    Ce sont des passionnés comme vous qui perpétuent.ce beau savoir faire.
    J’avais vu dans une boutique des calebasses peintes en vues 360°..je vais aussi tenter le coup..si c’est OK je vous envoie photo
    Bien à vous
    Didier
  • Merci pour ce site. je peux obtenir des calebasses sur site. je vais commencer …..des créations !
  • Super travail c’est vraiment magnifique ! Juste une question, il n’y a pas de risque que l’ampoule chauffe trop ? J’ai un peu peur que ça abîme la calebasse ou pire que ça brûle… !!
    • Merci beaucoup 🙂 Et si, c’est le risque (voir paragraphe « L’ampoule »). Il faut trouver un juste milieu entre pas trop de puissance (qui va permettre aux motifs d’être projetés) et trop de puissance (qui va trop chauffer et déformer le bois). C’est moins embêtant quand la calebasse est largement ouverte comme Dévi que dans le cas des deux veilleuses. Mais rassurez-vous, vous aurez le temps de réagir avant que ça prenne feu, ça risque de noircir l’intérieur dans un premier temps. Avez vous déjà une réalisation? N’hésitez pas à partager!

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