Le palmier à huile, une plante médicinale (Elaeis guineensis)

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Avant toutes les histoires autour de l’huile de palme, le palmier à huile, originaire d’Afrique de l’Ouest était déjà utilisé depuis bien longtemps là-bas fournissant des ressources vivrières, des produits de soin, et des matériaux. Il faut dire que les premiers palmiers seraient apparus il y a 85 millions d’années… alors, un peu de respect pour son grand âge ! Car ce palmier aux feuilles d’un vert émeraude dans le paysage a bien des qualités.

 

Elaeis guineensis est une espèce parmi les 2800 et quelques recensées. Et qu’on soit bien d’accord : il ne s’agit pas d’un arbre, et un palmier n’a pas de tronc : c’est un « stipe ».

Les propriétés médicinales du palmier à huile

 

Les feuilles

Ses palmes servent à guérir les plaies infectées en médecine traditionnelle. Et effectivement, l’extrait alcoolique, testé sur des rats confirme une activité sur la cicatrisation mais aussi des propriétés antifongiques, d’après une étude réalisée en Malaisie. D’autres sources précisent que c’est uniquement le suc du pétiole des jeunes palmes qui a des propriétés vulnéraires.
Les feuilles sont également traditionnellement utilisées pour le traitement du cancer, des maladies cardiovasculaires et des maladies rénales.

Les racines

Elles sont également utilisées au Nigéria pour soigner les bronchites et la gonorrhée (en décoction).

L’huile

L’huile de palme (eh oui, elle aussi !) est utilisée en médecine traditionnelle pour soigner les maux de tête, douleurs, rhumatismes (en friction), la thrombose artérielle et l’athérosclérose en raison de sa richesse en nutriments. Des études ont montré comme pour les autres parties du palmier, une richesse en anti-oxydants. Elle aurait un impact bénéfique sur les risques cardio-vasculaires, une action hépato-protectrice et anti-diabétique.

En Afrique noire, on l’utilise aussi dans les shampoings, la savonnerie, les détergents, la cosmétique… D’ailleurs on lui prête beaucoup de propriétés très similaires à l’huile de coco, qui elle aussi a souffert d’une mauvaise publicité. Décidément, ces végétaux tropicaux ont mauvaise presse.

L’huile de palmiste, à ne pas confondre avec l’huile de palme, permettrait de lutter contre la constipation chez les jeunes enfants. Cette huile est tirée de l’amande de la noix rouge que l’on voit sur les photos, pas du fruit. Son rendement est donc moindre.

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Le vin de palme

Le vin de palme a également des propriétés intéressantes. Cette boisson alcoolisée, sucrée et pétillante est obtenue en abattant l’arbre : c’est la sève fermentée qui donne la boisson.
Un arbre adulte peut produire jusqu’à 4 litres par jour durant les quatre premiers jours et jusqu’à 1 litre/jour les jours suivants. La durée moyenne d’extraction est de trois semaines.
Au-delà de sa consommation « pour le plaisir », il est utilisé pour prévenir la malaria et favoriser la montée de lait (galactogène) chez les femmes qui viennent d’accoucher.

Quand le palmier passe à la casserole

 

Oui, car l’huile de palme rouge, non raffinée, qui sert de base à de nombreux plats d’Afrique de l’Ouest, est une véritable institution. Là-bas, on compare l’huile « industrielle », raffinée à l’huile produite encore de manière artisanale. Car de nombreuses recettes ont pour ingrédient de base cette huile de palme qui donne un goût bien particulier. En friture notamment puisqu’elle supporte les hautes températures. Elle est tout simplement irremplaçable : allez demander à quelqu’un du Sud de la France de remplacer son huile d’olive par du bon beurre de Normandie, vous verrez ! C’est exactement la même chose. Sa couleur rouge, gage de qualité, est aussi un indice de sa forte teneur en caroténoïdes, qui accroissent le taux de vitamine A dans le sang.

Mais on cuisine aussi le chou palmiste, c’est à dire l’apex tendre (bourgeon terminal) qui se trouve tout en haut au milieu des palmes. C’est surtout une pratique à Madagascar, la Réunion ou Maurice car ce légume n’est pas forcément consommé ni connu ailleurs. A la Réunion, ce met de fête provient plutôt d’autres espèces que Elaeis guineensis : palmiste blanc (Dictyosperma album) et palmiste rouge (Acanthophoenix rubra). Ce chou palmiste, oui, oui, vous l’avez peut-être déjà deviné, c’est bien ce que l’on appelle le cœur de palmier qu’on trouve déjà découpé en bocaux au rayon asiatique du supermarché.
Bouilli, le chou palmiste a aussi des applications médicinales, contre les bronchites.

Le palmier à huile a un rendement exceptionnel

 

recolte-huile-de-palmeLes palmiers à huile commencent à porter des fruits dès l’âge de 4 à 5 ans. Les rendements sont montés jusqu’à 6 tonnes hectare d’huile végétale, ce qui est énorme. Ces rendements ont été atteints grâce à la sélection variétale et aux méthodes de culture. Cependant, les maladies comme la pourriture du cœur de palmier ont décimé des plantations entières en Amérique du Sud.
Les plantations peuvent ensuite être exploitées pendant 30 ans. Après, la récolte devient plus difficile avec la hauteur des palmiers. Le palmier à huile est une source de lipides vraiment intéressante. D’abord parce que son rendement est énorme, ce qui signifie que l’on peut produire, sur la même surface, davantage d’huile de palme que d’huile de tournesol par exemple. Et puis, ce n’est pas très consommateurs d’intrants.

Pour finir j’évoquerai rapidement la symbolique religieuse (catholique) des palmes qui sont utilisées pour célébrer les rameaux, comme celles du palmier royal que j’ai déjà évoqué.

 

Finalement, comme toutes les plantes diabolisées, on se rend compte que ce n’est pas le végétal en lui-même qui est mauvais mais l’usage qu’on en fait, son exploitation et les process industriels qui suivent. Le tabac est un autre exemple de ces dérives que j’avais déjà évoquées.

Autres noms : Dendé, palmier à huile, palmier de Guinée

Sources intéressantes :

http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/IMG/pdf/Depliant_en_francais.pdf

Et bien sûr, Plantes Médicinales du Monde qui m’a fourni des infos intéressantes, que je n’ai pas retrouvé ailleurs et mon guide des plantes tropicales qui lui a le mérite d’être illustré en couleur:

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10 comments

  • Matalatala k. Baudouin, checrcheur.
    Merci pour votre article qui m’arrive au bon moment ou je suis entrain d’etudier l’image de la femme qui est comparee a un palmier. Vous m’avez fourni assez d’elements constructifs.
  • Ravie de vous lire et je ne pouvais passer en silence sous ce palmier réhabilité.
  • Excellent article! L’huile de palme est tellement décriée ici en Europe ( et ailleurs aussi sans doute) qu’il devenait urgent de rappeler que son arbre est avant tout une plante médicinale et beaucoup plus que cela. L’huile de palme est la base de préparation de la plupart des plats et autres mets traditionnels au Cameroun. J’ai le souvenir de ma grand-mère qui faisait elle même son huile et c’est encore le cas pour d’autres personnes du monde rural. Et puis le palmier à huile est à lui tout seul un trésor de bienfaits, pour toutes les propriétés que vous avez citées dans l’article bien sûr, pour son vin de palme ( ou raphia) qui vaut le détour gustatif si je peux me permettre l’expression; pour ses grandes feuilles palmées qui sont utilisées ( comme les feuilles de cocotier d’ailleurs) pour réaliser des toits en raphia pour les cases et les cabanes de Noel de mon enfance bref… Le palmier il faut l’avoir connu pour savoir que c’est un bienfaiteur au grand coeur, c’est hélas l’utilisation abusive qu’en a fait l’homme qui fait de lui le mal aimé qu’il est devenu aujourd’hui…
    Merci encore pour cet article.
    • Merci pour ce commentaire plein d’amour pour ce palmier qui complète les usages déjà mentionnés. Et oui, il faut le connaître autrement que par les media et la question de la déforestation pour savoir que c’est avant tout une plante pourvoyeuse de pleins de bienfaits, un vrai cadeau de dame nature <3
  • Yes ma chère,merci pôur cette réhabilitation…
    Je te donne une info,on trouve en Martinique,en tout cas chez carouf…,de la « sauce graine »,marque Trofai,au rayon cuisines du monde, qui est la fameuse Moenbe congolaise,la pulpe de graines de palmier à huile, et…waow, j ai appris a cuisiné ça récemment, et c est juste un pur délice!!!J ai même fait les meilleurs patates sautées de ma vie, avec l huile que tu récupère quand la Moembe mijote!!!Et c est un aliment génial,tu le sens direct quand tu manges…alors bien heureuse je suis de savoir que c est s « scientifiquement » bon!!!
    Portes toi bien
    • Merci Patricia! Ca met en appétit. C’est bon à savoir qu’on peut en trouver si facilement. En plus trofai est une marque de Côtes d’Ivoire apparemment, donc au moins ça n’accable pas les orang-outangs de Malaisie. Par contre, manque toujours la recette de ce fameux Moembe sur cette page… qui partage la sienne?
  • j’aime votre histoire sur le palmier à huile j’aimerai kon en discute daventag prochainement.

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