Le Canada a-t-il laissé mourir Makayla Sault ?

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Depuis le début de la semaine, la mort de cette petite fille de 11 ans qui a choisi la médecine alternative plutôt que la chimio crée la polémique chez nos voisins canadiens. Au-delà des croyances de chacun, cette polémique

est l’occasion de s’interroger sur le respect mutuel existant entre les différentes formes de médecine et leurs capacités respectives à trouver des synergies et des complémentarités, plutôt que de systématiquement se baser sur un terrain d’affrontement où l’on verrait d’un côté la médecine conventionnelle, scientifique, efficace et toute puissante- et de l’autre côté la médecine traditionnelle, dépassée, galvaudée et soit-disant inefficace. Cette vision polaire est stérile.

Et elle est surtout exploitée par de très peu scrupuleux politiciens- le cas s’y prête plutôt bien au regard de la situation des peuples autochtones ou Premières Nations au Canada. En effet, une « victoire » avait été obtenue par ces derniers en Novembre: « le juge de la Cour de l’Ontario Gethin Edward a entendu un cas presque identique et a jugé que la médecine traditionnelle autochtone existait avant l’arrivée des Européens en Amérique du Nord et que c’est toujours une partie « intégrante » de la culture autochtone aujourd’hui. Légalement, ça en fait un « droit ancestral, » ce qui signifie que l’hôpital ne peut pas forcer un membre d’un groupe autochtone à subir un traitement pour sauver sa vie parce que ces droits sont protégés par la Constitution en vertu de l’article 35 de la Loi constitutionnelle. »

Un titre trouvé sur le web parmi tant d'autres

Un titre trouvé sur le web parmi tant d’autres

Aujourd’hui, ceux qui auraient voulu que le traitement soit imposé (et les droits constitutionnels bafoués) sont trop heureux de s’épandre sur le sujet en mode « on vous l’avait bien dit » revanchards. C’est donc bien du terrain de l’affrontement politique qu’il s’agit, et non pas de la santé! Comment peut-on se sentir victorieux face à un tel dénouement ?

Pour comprendre l’enjeu, il faut comprendre la situation politique des Premières Nations au Canada (voir note en fin d’article)

Ottawa, capitale institutionnelle (Parlement)

Ottawa, capitale nationale (Parlement)

 

Sommes nous libres de faire les choix qui nous concerne en termes de santé et de vie (à ce propos la remise du rapport sur la loi de fin de vie au Président Hollande devrait générer des débats politiques et idéologiques du même type en France)? La médecine conventionnelle, si compliquée, nous a amenée à nous reposer sur d’autres pour prendre soin de notre santé et prendre les décisions. Réapproprions-nous cette chose si précieuse, ré-apprenons à nous soigner, en première intention au moins, avec ce que la nature nous offre. De toute façon, ce sont bien les molécules qui se trouvent dans ces plantes qui sont à l’origine de plus de 60% des médicaments actuels, non?

Chacun devrait être libre de se soigner comme il l’entend, sans que cela ne soit médiatisé et exposé en place publique, repris par des politiciens peu scrupuleux pour étayer leurs discours. Pourquoi sommes-nous si intolérants vis-à-vis de ce qui n’est pas dans le courant d’idée majoritaire? Nous acceptons de donner aux enfants des biberons aux phtalates pendant des années, mais la seule idée que des parents pourraient refuser un traitement conventionnel pour soigner leur enfant par un remède de phytothérapie devrait être scandalisant?

Pour en revenir au cas de la petite canadienne, les parents affirment que c’est la chimio qui l’a tuée. Les contestataires mettent justement sa mort sur le compte de l’abandon de la chimio. Qui croire et de toute façon, comment pourrait-on le savoir avec certitude?

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Lien vers l’article en anglais duquel est parti cette réflexion: http://www.vice.com/read/an-11-year-old-native-girl-who-refused-chemo-has-died-384

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Note rapide et éléments de compréhension sur la situation politique des Peuples Premiers au Canada

 

Au Canada, la place des Peuples autochtones ou Premières Nations est politiquement épineuse. Les Amérindiens au Canada ont des droits ancestraux issus de traités protégés par la Constitution. Ils  possèdent notamment des droits territoriaux, économiques, culturels et sociaux qui préservent des pratiques comme la chasse et la pêche (1876: Loi sur les Indiens).

 

 

En 2007, cependant, le Canada a refusé de signer la Déclaration de l’ONU sur les droits des peuples autochtones, malgré l’adhésion d’une très grande majorité de pays.

 

Pour finalement, en 2010, changer d’avis.

 

La situation est néanmoins loin d’être « stabilisée », puisque en 2012, une loi du gouvernement Harper qui remettait en cause le droit autochtone sur l’attribution des terres amérindiennes a entraîné une vague de protestations.

 

Retrouvez l’ensemble des billets d’humeur du Louzou Traveller: http://la-sorciere-et-le-medecin.com/category/billet-dhumeur/

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