Institut malgache de recherches appliquées (IMRA)

imra-ratsimamanga

J’ai rencontré un grand homme ici à Madagascar. Enfin rencontré, c’est un grand mot puisqu’il a quitté ce monde, mais est-ce que les grands hommes le quittent vraiment ? Certainement pas si on en croit la marque laissée par leur passage. « Sublime est la science qui a pour objet de conserver la vie » est une maxime qui s’étire sur le fronton de l’IMRA à Antananarivo. Elle est attribuée au Professeur Ratsimamanga. Je vous raconte ma visite ?

Tout commence dans les années 50 avec le Madécassol. Le Professeur Albert Rakoto Ratsimamanga est alors chercheur au CNRS à Paris. Conscient de la valeur de la flore endémique de son île natale, de la valeur des thérapies traditionnelles, il constitue le pont entre ces deux mondes. Il met au point, à partir de la Centella asiatica un cicatrisant efficace qui sera dénommé le Madécassol et vendu partout dans le monde. C’est avec l’argent des royalties qu’il va fonder en 1957 l’Institut Malgache de Recherches Appliquées (IMRA).

Légende vivante autant grâce à son implication en politique que pour ses recherches scientifiques (6 médicaments à base de plantes à son actif!!!), il a eu le droit aux plus grands hommages à son décès en 2001. Pour plus d’infos sur sa vie, je vous invite à consulter sa biographie ici : http://www.madagate.org/monde-malgache/portrait/2790-madagascarn-limra-devient-la-fondation-albert-et-suzanne-rakoto-ratsimamanga.html

Aujourd’hui, l’institut est devenu la Fondation Suzanne et Albert Rakoto Ratsimamanga. Il est un auxiliaire de l’Etat pour la santé, la recherche et l’enseignement.

Les gens attendent ici pour une consultation ou une prise de sang car le centre est doté d’un laboratoire d’analyse. Il y a également une production de médicaments, destinés au centre, mais aussi aux hôpitaux et à la vente, au-delà des frontières malgaches. Si seul un de ces produits a obtenu une AMM en France, les autres peuvent être vendus en produit de parapharmacie.

médicaments-imra

Le rôle de l’institut ne s’arrête pas là, car dans les laboratoires à l’étage, derrière les paillasses se cachent des éprouvettes remplies de milieu nutritif et de boîtes de pétri. Les laborantins et les doctorants travaillent ici sur la multiplication in vitro de ces précieuses plantes pour qu’elles soient repiquées en plein champ. Il y a aussi de la recherche agronomique sur les maladies et une tentative de sensibiliser les agriculteurs qui les approvisionnent en matière première à ne pas trop utiliser de produits chimiques.

imra-recherche-agronomique

Beaucoup de choses pour ce « petit » institut en périphérie de la capitale… financée par ? Difficile à dire. Du mécénat pour une grande partie. Voici une vidéo trouvée sur youtube sur l’institut:

Le docteur qui nous fait la visite nous explique que les plantes sont très utilisées en médecine traditionnelle, et continuent de l’être. Par nécessité, bien sûr, mais pas seulement. L’objectif est bien de donner au patient le plus efficace, que ce soit une molécule chimique ou une plante.

Un jardin s’étend devant l’institut où sont présentées les plantes médicinales, bien pratique pour une première approche de la flore malgache. Notre charmant docteur, qui nous organise une visite au pied levé prend le temps de nous expliquer les plantes, leurs caractéristiques, les lieux où elles poussent pour certaines qui sont endémiques d’une région particulière, leurs propriétés… voici ma récolte :

aphloia theiformis thé malgache

Aphloia theiformis- thé malgache- voafotsy: il est consommé en thé, c’est un dépuratif, immunostimulant (les feuilles sont dentées)

phytolacca-dodecandra- vahivoraka

Phytolacca dodecandra- épinard des indes- vahivoraka: amaigrissant

phyllarthron

Phyllarthron madagascariensis (?): aphrodisiaque

mystroxylon aethiopicum-fanazava

Mystroxylon aethiopicum-fanazava: diurétique, nettoie

eugenia jambolana-rotra

Eugenia jambolana-rotra: antidiabétique

neflier-mespilus germanica

Mespilus germanica- néflier: antidiabétique

famamo

Famamo: nom qui désigne les plantes dites ichtyotoxiques, c’est à dire qui sont utilisées pour la pêche au poisson par empoisonnement

siegsbeckia orientalis

siegsbeckia orientalis- satrikoazamaratra: cicatrisante

centella-asiatica-talapetraka

Centella-asiatica-talapetraka: cicatrisante

brachylaena ramifolia-hazotokana

Brachylaena ramifolia-hazotokana: antitussif (attention, une plante voisine est abortive, ne pas confondre les deux)

vernonia appendiculata-ambiaty

Vernonia appendiculata-ambiaty: hémostatique (sur les plaies), consommée comme les feuilles de manioc pillées, contiendrait du cyanure, fait dormir

acanthacee-douleurs-dentaires

Une acanthacee utilisée contre les douleurs dentaires. Elle pousse uniquement dans la région de Mahajanga où se trouve l’unique institut d’odontologie de Madagascar!!! (les épines sont caractéristiques)

quinquina- Cinchona officinalis

Cinchona officinalis- quinquina ou herbe des jésuites duquel on extrait la quinine (le fameux antipaludéen)

catharanthus-roseus-pervenche-mada

Catharanthus-roseus-pervenche de madagascar: entre dans la composition d’un médicament anti-cancéreux

cereus-triangularis

Cereus triangularis: la racine est utilisée contre les calculs rénaux

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