Le catalpa : bien plus qu’un arbre ornemental (Thespesia populnea)

catalpa-thespesia-populnea

Vous vous rappelez ? C’est lui qu’il ne faut pas confondre avec le mancenillier. Je vous avis dit que je vous parlerai de celui-ci, car il est médicinal. Mais attention, car il y a plusieurs plantes différentes qui semblent nommées catalpa. Celle que j’ai en tête, c’est Thespesia populnea. Elle est de la famille des malvacées et a des fruits qui ressemblent à des petites pommes vertes, elle aussi. Il existe un autre catalpa qui lui a des fruits en forme de haricots, alors attention, ça n’a rien à voir, celui-là s’appelle Catalpa bignonioides, mais à ma connaissance, il est seulement ornemental.

Revenons-en à notre petit arbre qui aime les sols pauvres et sableux de bord de mer (d’ailleurs, son nom à Sainte-Lucie, c’est Maho bod lanmé: tout est dit!). Comme je vous le disais, on le reconnaît notamment à ses jolies feuilles cordiformes (en forme de cœur), à ses fruits et aussi à ses fleurs qui vont du jaune pâle au rose en vieillissant avec au centre un cercle pourpre du plus bel effet, jugez plutôt :

fleur de catalpa

Propriétés médicinales du catalpa (Thespesia populnea)

C’est une plante qui est beaucoup utilisée en médecine traditionnelle dans les Antilles, mais aussi en Asie, puisque le catalpa est originaire de Malaisie et a ensuite pris le large pour conquérir le monde via les océans grâce à ses fruits qui flottent.

Aux Antilles, ce sont les feuilles qui sont beaucoup utilisées. Contre les hémorroïdes, on utilise traditionnellement les feuilles macérées. La décoction des feuilles est employée aussi bien contre la fièvre que contre l’hypertension et pour l’appétit. Elles sont également appliquées en cataplasme sur les plaies et sur la tête en cas de céphalées.

Dans le système de médecine indienne, la médecine ayurvédique, c’est plutôt l’écorce du catalpa (indian tulip tree ou portia tree) qui est largement utilisée pour ses propriétés astringentes, dépuratives, hémostatiques, anti- inflammatoire et anti-diarrhéiques.

Les feuilles sont reconnues pour avoir des propriétés intéressantes pour les maladies de peau en Inde. Cet usage ne semble pas répandu dans les Antilles, pourtant, il a été confirmé par la science que les feuilles (extrait éthanoliques) avaient bien des propriétés antibactériennes et antifongiques, notamment contre le Candida albicans. C’est un usage conseillé par Longuefosse : une infusion de 30g/l de feuilles ou de fruits à utiliser en bains tièdes ou en cataplasmes cicatrisants sur les plaies et mycoses cutanées. Le traitement peut être complété par l’ingestion, 3 fois/jour de cette même préparation. Externe+ interne, donc.

Il semblerait qu’à Tahiti on utilise la sève jaune des fruits que l’on sectionne pour soigner les piqûres de scolopendre.

fruit-catalpa-thespesia

De nombreuses études ont été conduites. Notamment, il a été montré (sur des rats) un effet anti-diabétique de l’extrait aqueux et éthanolique de la pulpe des fruits.

L’extrait aqueux du fruit a montré une activité cicatrisante, à la fois par voie interne et externe.

Une autre étude portant sur la mémoire révèle que l’écorce de T. populnea semble être un candidat prometteur pour améliorer la mémoire et il serait intéressant d’explorer le potentiel de cette plante dans la gestion des patients atteints d’Alzheimer.

Et les fleurs ? Leur usage ne semble pas d’actualité mais… le catalpa n’a pas fini de révéler tout son potentiel médicinal apparemment !

Autres usages du catalpa (Thespesia populnea)

Le catalpa est également utilisé comme bois de construction. Son avantage ? Il résiste aux termites !

Les jeunes feuilles peuvent être mangées en salade, crues, ou cuites comme légume. Pendant la deuxième guerre mondiale, il faisait partie des plantes recensées comme comestible sur les îles dans le Pacifique, pour subvenir aux besoins des troupes en cas de manque de nourriture. C’est bon à savoir pour les futurs concurrents de koh lanta, ça!

Dernier usage très étonnant, il paraît qu’en frottant des feuilles de catalpa sur son masque de plongée avant d’aller dans l’eau, on s’évite la buée. Je n’ai pas vérifié, mais ce qui est sûr, c’est que à Hawaï, on n’aurait pas osé l’utiliser comme ça, car le « Milo » était considéré comme sacré !

maho-bod-lanmé

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2 comments

  • Plante digne d’intérêt!Mais où peut-on s’en procurer?
    • Bonjour si vous habitez dans un pays chaud… partout en bord de mer! Si vous parlez de forme commercialisée dans le commerce, j’ignore si c’est le cas, mais ce serait possible car c’est une plante qui appartient à la liste officielle des plantes de la pharmacopée française. Je ne peux pas vous aider davantage.

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